lieux:


The Red House Centre for Culture and Debate

15, Ljuben Karavelov St. Sofia 1142, Bulgaria
Tél/Fax: + 359 2 988 81 88

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www.redhouse-sofia.org


9н00 Ouverture par les organisateurs du "Projet Trace"

9н 30
Milena Guest : Docteur en géographie, enseignante à l’Ecole d’architecture en Normandie
"L’héritage monumental du communisme dans les capitales est-européennes : anamnèse et anamorphose."


9н 50
Meglena Zlatkova : Docteur en sociologie, ethnologue, enseignante dans la faculté d’Ethnologie
et Philosophie, Université de Plovdiv
"La ville palimpseste – la construction sociale des lieux de mémoire dans la ville de Plovdiv (Bulgarie)."

10н 10
Ioana Iosa : Architecte - urbaniste, doctorante à l’Institut d’Urbanisme de Paris, Université Paris XII
"Les avatars d’une réalisation d’exception : le centre civique de Bucarest 1989- 2007."

11н 20
Blagovest Valkov : Docteur en architecture, enseignant dans le département « Bâtiments publics » à UACG
"La mémoire et sa forme."

11н 40
Nikolai Voukov : Docteur en histoire, chercheur à l’Institut de folklore à BAN
"Des traces qui s’effacent, des traces qui persistent : la mémoire sur les monuments de la
période socialiste en Bulgarie."

12н 00
Elitza Stanoeva : Philosophe et historienne, rédacteur dans la revue Critique et Humanisme, fondatrice
de la fondation Recherche Urbaines
"Le monument du pouvoir et le pouvoir du monument. Le mausolée de Georgi Dimitrov (Sofia)."

14н 30
Jean-Pierre Frey : Architecte-sociologue, enseignant à l’Institut d’Urbanisme de Paris, Université Paris XII
"Architecture totalitaire et commande autoritaire"

14н50
Milena Iakimova : Sociologue, enseignante dans la faculté de Sociologie, Université de Sofia
"La notion du «public » dans les espaces de mémoire."

15н10
Elena Dimitrova : Docteur en architecture, enseignante dans le département « Urbanisme » à UACG, Sofia
"La métamorphose des espaces publics dans la ville post-socialiste bulgare : un exercice de
mémoire" et "Les ensembles monumentaux de la période socialiste – une chance pour
la culture urbaine."
Ivailo, Emilia,Velislava, Silvena, Christo – étudiants dans le département Urbanisme à UACG

16н20 Projection du court métrage Trace (1) – de Neli Georgieva et Rossen Koev

16н40
Nikolai Savov Historien, auteur du livre „Les monuments de Varna” – anthologie de la construction
des monuments de IIIème siècle à aujourd’hui.
"La construction de Park- monument de la fraternité russo-bulgare à Varna"

17н00
Emilia Kaleva Architecte
"Le cube rouge et Bouzloudja TPFE en architecture 2006, dans le département « Histoire et
théorie de l’architecture » à UACG, Sofia"

18н00 Fermeture du Séminaire

nos partenaires:

REACTIONS ET ANALYSES:

Synthèse du séminaire et du débat organisés dans le cadre du projet Trace, le 24 octobre 2008 à Sofia (Bulgarie) de Lubinka Stoilova, architecte

 

"Le séminaire s’est déroulé de façon très animée.

La session du matin était animée par Irina Genova – chef du département «Histoire de l’art» de la Nouvelle Université Bulgare; celle de l’après-midi par Dimitar Vatsov, chargé de cours en philosophie sociale et politique à la Nouvelle Université Bulgare,

 

Milena Guest : Docteur en géographie, enseignante à l’Ecole d’architecture en Normandie

L’héritage monumental du communisme dans les capitales est-européennes : anamnèse et anamorphose.

 

A raconté l’intégration des lieux marquants du réalisme socialiste dans la fonction sociale des centres-villes des pays de l’Europe de l’Est – Sofia, Varsovie, Budapest, Bucarest.

Elle s’est arrêtée sur la banalisation actuelle des espaces gouvernementaux de représentation et l’incorporation de la symbolique de la topographie des villes.

Elle a présenté les degrés de prise de conscience de l’importance de l’héritage architectural de la période communiste en tant que patrimoine historique:

A Bucarest – à travers les phases d’estimation et de réhabilitation du palais du peuple qui abrite le parlement, quelques ministères, un musée d’art moderne et l’installation des plus grands groupes bancaires dans les espaces environnant.

A Budapest – à travers le transfert des monuments de la partie centrale vers la périphérie dans un musée du totalitarisme en consolidant ainsi toutes les valeurs hiérarchiques et symboliques.

A Varsovie – à travers les multiples réhabilitations des espaces autour de la maison de la culture et la validation des monuments totalitaires dans une liste de 77 monuments d’importance nationale.

 

Meglena Zlatkova : Docteur en sociologie, ethnologue, enseignante dans la faculté d’Ethnologie et Philosophie, Université de Plovdiv

La ville palimpseste – la construction sociale des lieux de mémoire dans la ville de Plovdiv (Bulgarie).

 

A présenté la ville de manière générale comme un passage éternel et Plovdiv en particulier à travers les «mythes» les plus répandus dans sa présentation dans le discours historique comme un rapport entre le local/le national/le supranational dans la deuxième moitié du XXe. Dans ce contexte elle a décrit le lieu et les pratiques rituelles exercées pendant le socialisme au sein du mémorial «La fosse commune», aujourd’hui désaffecté, dépouillé, inaccessible au public et voué à l’oubli.

La comparaison avec les sorts et les idées de résurrection d’autres mémoriaux à Plovdiv a permis de proposer des possibilités de réintégration ou de non-intégration à la vie actuelle de la ville.

 

Ioana Iosa : Architecte-urbaniste, doctorante à l’Institut d'urbanisme de Paris, Université Paris XII

Les avatars d’une réalisation d’exception : le centre civique de Bucarest 1989- 2007

A présenté le palais du peuple à Bucarest construit par N.Ceausescu, comme un des plus grands en superficie et volume bâtiments publics, enterrant de nombreux bâtiments et quartiers historiques , à travers les tentatives de réhabilitation et de désacralisation après les changements politiques de 1990 par des concours divers et avec la participation de diverses institutions.

Blagovest Valkov : Docteur en architecture, enseignant dans le département «Bâtiments publics» à UACG.

La mémoire et sa forme

A parlé des différentes manières de création des formes architecturales monumentales en tant que connaisseur du sujet «de l’intérieur» (il est architecte) et «de l’extérieur» (comme chercheur). D’après lui l’expérience accumulée et la maîtrise artistique des architectes, des peintres et des sculpteurs lors de la construction très développée de mémoriaux dans la Bulgarie socialiste ne sont pas suffisamment utilisées du fait du changement du mécanisme d’attribution de la commande publique.

 

Nicolai Vukov : Docteur en histoire, chercheur à l’Institut de folklore à BAN

Des traces qui s’effacent, des traces qui persistent: la mémoire sur les monuments de la période socialiste en Bulgarie.

 

A informé de l’état des mémoriaux et l’attitude envers eux après les changements politiques en Bulgarie. Il a proposé une classification temporelle et en fonction du contenu des différents types de construction monumentale pendant l’ère socialiste : comme celles consacrées à la guerre russo-turque, de différentes figures historiques, de la lutte antifasciste et de la résistance, d’évènements marquants de l’histoire bulgare et en particulier le 1300e anniversaire de la Bulgarie. Sa conclusion générale tendait vers l’idée que, dans des conditions de crise de la conscience sociale, les monuments d’autres époques sont voués à l’oubli comme ceux de l’époque socialiste.

 

Elitsa Stanoeva : Philosophe et historienne, rédacteur dans la revue Critique et Humanisme, fondatrice de la fondation Recherche Urbaines

Le monument du pouvoir et le pouvoir du monument. Le mausolée de Georgi Dimitrov (Sofia).

 

A présenté la place centrale de Sofia («9 septembre») dans sa dimension historique et sémiotique d’espace publique pour le pouvoir totalitaire à travers le récit de l’apparition, de la prédestination et de l’utilisation du bâtiment du mausolée de Georgi Dimitrov.

La thèse du prof B.Valkov sur l’expression universelle des formes monumentales simples, et de là, sur sa libération de toute sémantique idéologique et politique, n’a pas été comprise de façon univoque. Des désaccords ont été exprimés sur cette thèse comme une idée non effective de «l’art pour l’art» (Irina Genova) et comme sortant les formes du contexte culturel qui les génère et leur donne de la valeur (Lubinka Stoilova).

 

Jean Philippe Frey Architecte-sociologue, enseignant à l’Institut d’Urbanisme de Paris, Université Paris XII

Architecture totalitaire et commande autoritaire

 

A résumé les caractéristiques spatiales et les possibilités de jugement politique, social et esthétique sur les espaces publics comme moyen de compréhension des sociétés. La discréditation d’un espace public mène à son rejet, son outrage et son pillage. Le système des différents aspects de jugement qu’il a proposé pourrait former un ensemble exhaustif de critères de sélection de monuments totalitaires, indépendamment des exemples cités de relativité des valeurs et de leur interprétation contradictoire par des cultures différentes.

 

Milena Yakimova Sociologue, enseignante dans la faculté de Sociologie, Université de Sofia

La notion du «public» dans les espaces de mémoire.

 

A proposé une lecture vivante, artistique et curieuse de l’attitude actuelle envers les lieux publics monumentaux du totalitarisme. Elle a examiné les phases de relecture du passé proche à travers le listage de différentes valeurs hiérarchiques dans la mémoire individuelle (des pratiques sociales pompeuses et des actes individuels de négation aussi bien que des marques célèbres d’aliments et des objets du quotidien). D’après elle, dans ce contexte, la profanation par les jeunes générations des espaces publics monumentaux est un gage de leur conservation, leur résurrection et leur réhabilitation indolore, plutôt qu’un rejet du vécu dans les coins de la mémoire, ce qui pourrait menacer le confort psychologique de la société.

 

Elena Dimitrova : Docteur en architecture, enseignante dans le département «Urbanisme» à UACG, Sofia

La métamorphose des espaces publics dans la ville post -socialiste bulgare: un exercice de mémoire et les ensembles monumentaux de la période socialiste – une chance pour la culture urbaine

Ivailo, Emilia, Velislava, Silvena, Christo – étudiants dans le département Urbanisme à UACG

 

A fait l’inventaire des manières de fonctionner des espaces publics monumentaux hérités du totalitarisme dans des villes bulgares de tailles différentes pendant les 20 dernières années. Elle a développé une vision de la ville comme un processus impossible à diriger, et a mis l’accent sur la valeur des fragments publics dans la ville post socialiste, post moderne comme un lieu commun où les actes individuels ne gênent pas la liberté des autres.

Dans cet esprit ses étudiants en urbanisme – Ivailo, Emilia, Velislava, Silvena et Hristo-ont présenté avec beaucoup d’ironie à travers leur clip «Les complexes socialistes monumentaux – une chance pour la culture urbanistique» les possibilités diverses d’utilisation future du monument «1300e anniversaire de la Bulgarie»: comme un parcours d’escalade, tour télévisuelle ou tableau géant d’affichage, d’horloge, piste de skateboard, transmetteur wifi, lieu d’événements festifs.

 

Projection du film Trace(1), 17:34

 

Dans le film Trace(1) de Neli Georgieva et Rossen Koev le monument de la fraternité russo-bulgare a été vu à travers les souvenirs personnels d’une ancienne élève du lycée français et une série d’entretiens avec le sculpteur Aliocha Kafedjiiski. L’auteur aime son œuvre et ne peut imaginer une quelconque transformation plastique; il ne céderait pas ses droits d’auteur. Malgré sa désertification la colline aux 300 marches propose un panorama magnifique sur la ville portuaire et des possibilités de balades et détente; mais pour l’instant il ne revit que grâce aux élèves du lycée tout proche pour qui la prédestination du monument et l’origine des soldats représentés restent inconnues. Les volumes cachés derrière les figures militaires imposantes – autrefois illuminés de façon «sacrée» et abritant des expositions de musées – sont aujourd’hui pillés et sombres, emmurés – à cause d’une porte volée – alors qu’ils pourraient certainement être réutilisés.

 

Nikolai Savov Historien, auteur du livre „Les monuments de Varna” – anthologie de la construction des monuments de IIIème siècle à aujourd’hui.

La construction de Park- monument de la fraternité russo-bulgare à Varna

 

A résumé les étapes de construction de ce même monument et la haute estime qu’il de ses qualités monumentales et esthétiques.

 

Emilia Kaleva Architecte

Le cube rouge et Bouzloudja TPFE en architecture 2006, dans le département «Histoire et théorie de larchitecture» à UACG, Sofia

 

A exposé ses idées sur le monument du mont Bouzloudja – consacrant la création du Partie social démocrate bulgare, du PCB et du PSB – comme étant un document de l’époque totalitaire qui doit se faire «réanimer» par son introduction dans des parcours nationaux et internationaux après rénovation et organisation de son intérieur et de son environnement en musée du passé totalitaire. Faisant partie du triangle de curiosités – la vallée des rois thraces, le mont Shipka et le mont Bouzloudja – un centre d’information a été développé devant l’accès au monument. Elle propose d’accumuler d’autres monuments du totalitarisme (comme le musée du totalitarisme à Budapest). Le point culminant du récit est le bâtiment au sommet dont l’intérieur vandalisé et pillé nous secoue. Parmi les mosaïques – œuvres de peintres bulgares illustres comme Dimitar Kirov, Yoan Leviev, Encho Pironkov, Hristo Stefanov, Ivan Kirkov – les plus abimées sont celles représentant les dirigeants communistes; tout le reste est râpé, éparpillé et dénudé jusqu’au béton. La proposition est de rénover l’intérieur de la salle à moitié et obtenir ainsi une impression de dichotomie sociale contemporaine avec la partie détruite. Le financement et la réalisation d’une réhabilitation aussi ambitieuse seraient pris en charge par un partenariat public-privé.

 

La dernière présentation a provoqué des réactions très vives.

 

Dimitar Vatsov a résumé que la soucoupe volante de Bouzloudja a eu un accident au milieu du triangle des Bermudes: Bouzloudja, Chipka et la vallée des tzars thraces. Kaleva a été interpelée par rapport à sa proposition car dans son projet de création qui représente un cheminement culturel avec un intérêt international, entre ces trois lieux, au sommet reste toujours le monument communiste de Bouzloudja.

Tout à fait justifiée s’est posée la question qui est le propriétaire qui a laissé à l’abandon et au vandalisme ce monument. Il semblerait que c’est une propriété publique qui appartient à L’Etat car le monument a été construit essentiellement avec des moyens de l’Etat.

 

Après l’ouverture de l’exposition TRACE dans les salles de la Maison Rouge, a commencé le débat sur l’avenir du monument «1300 ans Bulgarie» à Sofia.

 

Georgi Lozanov, expert des média

 

A déclaré qu’en tant que modérateur il ne prendra pas position sur la question et a donné la parole aux participants au débat pour leurs courts exposés et puis au public qui était très nombreux pour des réflexions et des questions.

Les thèses fondamentales se présentaient de la manière suivante:

 

Hristo Droumev, directeur de la Maison de Culture (NDK)

 

Réhabiliter le monument d’après le projet initial qui n’a pas été respecté.

 

Petar Dikov, architecte en chef de la ville de Sofia

 

Le monument n’est pas politique ou idéologique, il représente le glorieux passé historique.

Les sculptures de prof.Valentin Starchev sont de qualité. L’échec vient des plaques qui tombent et qui menacent les passants. C’est pour cette raison que le monument est entouré de grilles.

D’après des sources non officielles, l’état actuel du monument est du à sa construction très rapide à la veille des festivités organisées pour les 1300 ans depuis la création de l’Etat Bulgare. L’enduit silicone cher, livré spécialement de Suède pour faire les joints des plaques de marbre du revêtement du monument, était aussi censé protéger la structure métallique porteuse. Lors des préparatifs de la fête et le nettoyage, l’enduit a été lavé par les pompiers avant le délai nécessaire de séchage de 24h.

Délaisser le monument de cette manière est inacceptable. Le moment est arrivé de le mettre plus en valeur. Le printemps dernier l’espace autour de la Maison de la Culture (NDK) a été nettoyé. Avec l’avancement de la construction du métro, la ligne « nord-sud », l’année prochaine commenceront des travaux autour de NDK. Petar Dikov a proposé de dénuder le monument et ne laisser que sa construction métallique avec les groupes de sculptures de prof. Starchev.

 

Todor Boulev, vice-président de l’Union des architectes bulgares

 

La construction intense des ensembles monumentaux dans le passé proche est riche d’éléments de qualité et a donné de bons professionnels. Le monument doit être restauré après des échanges et réflexions du milieu professionnel.

 

Lachezar Boyadjiev, spécialiste en Histoire de l’Art

Réhabiliter le monument en faisant encastrer la construction métallique dans des volumes de verre, ce qui se pratique actuellement partout dans le monde contemporain.

 

Tzonio Kornadjev, éditeur

Démolir le monument comme le temps nous l’a montré car il représente l’histoire déformée de la Bulgarie.

 

Valentin Starchev, sculpteur du monument

Le projet a été sélectionné lors d’un concours parmi trois collectifs artistiques (V. Starchev, V. Minekov, B.Gotzev). L’ambition des auteurs était de créer un ensemble monumental. Quelle qu’elle soit la décision prise pour l’avenir du monument, cela ne le dérange pas.

Avec le temps, il est de plus en plus convaincu que la construction peignée en rouge, comme c’était au début, est une solution pas chère et à la fois moderne, plus contemporaine.

 

Citoyen,

Faire un référendum.

 

Citoyenne,

Le monument est très laid et il ne plaît pas aux sofiottes. Le démolir.

 

Irina Genova, spécialiste en Histoire de l’Art

Nous sommes dans le piège de la décision impossible, ni le démolir, ni le garder tel quel. Elle fait un appel de ne plus perdre de l’énergie et des moyens dans ce monument. Or, dans toute l’histoire de la capitale il n’existe pas encore une institution censée de la mémoire.

 

Jeune citoyen,

Le débat est révélateur de la position citoyenne.

Néanmoins, des centaines de constructions et de monuments avec des vraies valeurs de point de vue artistique et architectural sont en train de s’écrouler et à leur place des volumes de verre prennent place.

Hristo Boutzev, journaliste

Il est important de savoir à qui appartient le monument ? Qui gère tout l’espace autour de la Maison de Culture (NDK) ? Est-il possible de le clôturer comme on fait partout dans le monde?

 

Paysagiste-auteur du parc autour de NDK dont le monument fait partie,

NDK est pensée comme un ensemble de la culture. Le collectif a reçu le grand prix de Madrid, d’après la proposition de George Candilis. Aujourd’hui l’espace autour a complètement changé et a été dépouillé. Les buses existantes et les projecteurs de la cascade d’eau ont été démontés pour ne pas disparaître. Hélas, aujourd’hui ils sont perdus. Il faut chercher les responsables de ce gaspillage.

La meilleure solution est de réhabiliter l’ensemble, le parc, la Maison de Culture, le monument, comme cela a été pensé au départ.

 

Konstantin Pavlov, éditeur

Le monument représente un regard pathétique de l’histoire qui est plutôt inefficace et douteux.

Ceci met en question son existence.

 

Lubinka Stoilova, architecte

La réhabilitation du monument ne pourrait pas être conçue sans l’espace autour, surtout le terrain d’enfant voisin qui même après le nettoyage autour de NDK, reste complètement abandonné et inutilisé.

Il est important de savoir combien cela va coûter et si la société est prête à payer le prix.

Les spécialistes devront préparer un budget et savoir combien la rénovation va couter aux contribuables, étape par étape. La Bulgarie n’a pas la tradition des référendums, comme en Suisse. Mais les citoyens ont un représentant légitime au Conseil Municipal de la capitale.

Des budgets prévisionnels pourront être présentés devant les Conseillers municipaux pour qu’ils puissent décider quelle est la variante la plus adaptée.

 

Yulian Popov,

Démolir le monument et recréer les murs sur lesquels sont gravés les noms des soldats qui ont perdus leurs vies dans les guerres. Mais il ne faut pas oublier que la démolition, elle aussi coute de l’argent.

 

Boriana Paroucheva, architecte

Créer un concours international pour qu’on puisse bénéficier des solutions d’architecture des spécialistes.

 

Todor Boulev, vice-président de l’Union des architectes bulgares

Plusieurs solutions des spécialistes sont possibles à l’issu de ce débat et d’autres opinions de citoyens.

Bien évidemment lors de la reconstruction du monument il ne faut pas oublier l’espace autour.

 

Hristo Droumev, directeur de la Maison de Culture (NDK)

Propriétaire de l’espace autour de NDK est la ville de Sofia.

En compensation des abus et les malversations il est temps que ce lieu central redevient agréable pour les citoyens de Sofia et pour les touristes.

 

Petar Dikov, architecte en chef de la ville de Sofia

Depuis 2001 le monument n’appartient plus à l’Etat mais à la ville de Sofia.

La nostalgie du passé proche ne change pas le fait qu’avant la construction de NDK ce lieu n’était pas des plus attractifs, ni pour les sofiottes, ni pour les touristes.

Actuellement à l’initiative de l’Association des militaires de réserve les monuments des soldats sont en train d’être rénovés et ils seront tous déplacés au parc sud à côté du « City center».

Pour clôturer le débat une décision s’impose: enlever les plaques de marbre du monument, en ne laissant visible que la structure métallique et puis la peindre en rouge qui correspond à l’avis de prof. Starchev.

 

Tout le long du débat silencieusement au fond de la salle restait architecte Pavel Popov, ex Conseiller municipal, un citoyen avec position sur chaque problème actuel. Voir son article «NDK. National? Municipal? Privé?», Journal Koultura n°35 (2518), 15 octobre 2008 http://www.kultura.bg/article.php?id=14774#edno)

 

En conclusion

Ni le séminaire, ni le débat n’ont donné de vraies réponses, comment agir concrètement. Dans un sens, ils ont démontré que le système totalitaire d’un demi-siècle a laissé en Bulgarie des dépendances et des structures bien encrés. Même après 20 ans depuis le changement ils sont toujours présents et actifs. Dans ce sens les ensembles monumentaux du régime communiste ne sont que le pic de l’iceberg. Combien de temps va prendre la fonte des glaces, à cette question n’a pas été donnée une réponse non plus. Le fait de discuter à nouveau sur le problème des monuments, cette fois d’une manière plus censée et tolérante ont fait l’utilité de ces événements. Restent aussi des traces matérielles: l’exposition photographique à la Maison Rouge, le film, le projet de rassembler tous les écrits et d’éditer un recueil, les différents contacts. Dans ce sens le but des organisateurs est accompli. La question reste ouverte : La réhabilitation rapide du monument «1300 ans Bulgarie» lors des festivités organisés pour les 130 ans depuis que Sofia est devenue capitale, ne sera-t-elle pas encore une fois une dépense qui manque d’organisation et de système tout comme à l’heure de la construction du monument?

 

A pris note, Lubinka Stoilova, Sofia, 25.10.2008